Les substantifs

  1. Définition (oktol).

     Le terme de substantif désigne aussi bien le nom que le pronom et l'adjectif. Ces classes de mots ne sont pas différenciées en Moten. Quant aux adverbes et à ce qu'on appelle les "postpositions", ce ne sont que des formes fléchies de substantifs.

  2. La flexion (o|zeme).

     La flexion des substantifs s'articule en :

     Ce sont des affixes (vula) qui forment le corps de cette flexion. Pour voir les mutations phonétiques dues à un affixe, cliquez sur celui-ci.

    1. les affixes (vula).

       :Dans le cadre de cette flexion commune à tous les substantifs, on différencie affixes en infixes (difojvula) qui se placent devant la dernière voyelle du substantif et suffixes (|numivula) qui se placent derrière sa dernière lettre. La flexion casuelle est la suivante :
      Nominatif Accusatif Génitif
      Singulier rien infixe -d- + suffixe -n infixe -v- + suffixe -i
      Pluriel infixe -s- infixe -|z- + suffixe -n infixe -f- + suffixe -i
      La définition est rendue par l'infixe -e- appelé article défini infixé (e-difojvula), qui se place devant l'infixe casuel.

    2. exemple (olda).

       :Voici comme exemple la flexion complète de 'linan' : 'oiseau' :
      Nominatif Accusatif Génitif
      Indéf. Déf. Indéf. Déf. Indéf. Déf.
      Singulier linan linean lindan linedan linva|n lineva|n
      Pluriel linsan linesan lin|zan line|zan linfa|n linefa|n

    3. le sens des cas (titefosi bekat).

       Chaque cas (nominatif, accusatif et génitif) possède trois sens différents  un sens "absolu" (qui a donné son nom au cas), un sens spatial et un sens temporel. D'autres affixes et des postpositions donnent les autres nuances.
      Nominatif Accusatif Génitif
      Sens absolu sujet* du verbe et son attribut complément du verbe transitif et son attribut complément du nom, possessif ou non**
      Sens spatial inessif (lieu où l'on est) illatif (lieu où l'on va) délatif (lieu d'où l'on vient
      Sens temporel moment, date (à) durée (pendant) fréquence (tous les, chaque, nombre de fois)
      * C'est un peu plus compliqué que ça. Je n'emploie le nominatif que comme sujet d'un verbe intransitif ou comme sujet volontaire (ou agent) d'un verbe transitif. Si le verbe est transitif mais que le sujet n'est qu'un participant non volontaire (comme dans les verbes de sensation comme 'entendre', 'voir' par rapport à 'écouter', 'regarder'), j'aurais plutôt tendance à lui préfixer l'affixe ko- comme dans le cas du factitif.
      ** Il fonctionne quasiment comme le complément de nom en français. Cependant, dans un sens non possessif, je forme facilement des concaténations de mots au lieu d'utiliser un génitif, surtout quand les mots sont courts.

    4. L'emploi de l'article défini infixé (e-difojvulevaj lizaptati).

       Son emploi est assez proche de celui de l'article défini français. Il s'emploie lorsque le substantif est connu (déjà mentionné ou bien défini), même si son sens ou ce qui le complète le rend inutile. Les seules exceptions sont les compteurs et les semi-suffixes en position suffixée, les substantifs utilisés comme adjectifs attributs (ils ne s'accordent qu'en cas), les titres où le mot principal est toujours au nominatif singulier indéfini (radical) et les noms propres avec majuscule.

  3. Les pronoms et les pronoms-adjectifs (miguko|zemelugen).

     Comme en français, il existe des substantifs qui peuvent remplacer d'autres substantifs ou des membres de phrase. On les appelle des pronoms, mais leurs différentes classes sont un peu différentes de celles du français. Ils se fléchissent tous, et généralement à la flexion indéterminée (l'emploi de l'article fait partie du phénomène de surdéclinaison).

    1. les pronoms personnels (miguko|zemelugen defok).

       Il n'y a pas de pronom de la troisième personne (lui, elle) mais il y a un réfléchi. Le génitif de ces pronoms sert d'adjectif possessif.
      Singulier Pluriel
      1ère personne ga : moi telga* : nous
      2ème personne ba : toi telba* : vous
      Réfléchi vike** vikse**
      * 'Tel' est un substantif qui signifie 'autre'. 'Telga' veut donc dire 'moi et les autres' et 'telba' 'toi et les autres'. Il n'y a pas de vouvoiement en Moten. 'Tel' s'emploie aussi au déterminé, s'accordant en nombre avec le sujet, dans le sens d'un pronom réciproque ("l'un l'autre"), et ce à toutes les personnes.
      ** 'Vike' s'emploie à toutes les personnes et renvoie au sujet de la proposition en cours. Contrairement aux autres pronoms personnels qui se fléchissent uniquement à l'indéterminé singulier, 'vike' se fléchit à l'indéterminé mais s'accorde en nombre avec le sujet.

    2. les pronoms-adjectifs démonstratifs (miguko|zemelugen alami).

       Ils s'emploient à la flexion indéterminée et désignent aussi bien des personnes que des choses. Ils sont trois pour trois degrés d'éloignement au sens très général (spatial, temporel, sentimental, etc...).

      • len : celui-ci, ceci, ce... -ci (le plus proche).
      • lam : celui-là, cela, ce... -là (plus éloigné).
      • los : celui là-bas, cela là-bas, ce... là-bas (le plus éloigné).

       'Los' sert de pronom "personnel" pour la troisième personne non réfléchie.
       Dans un sens plus abstrait :

      • len désigne ce qui n'est connu que du locuteur,
      • lam que ce qui est connu de l'interlocuteur,
      • los ce qui est connu soit des deux, soit d'aucun d'entre eux.

       Ainsi, dans le langage cérémoniel où on répugne à utiliser les pronoms personnels, on utilise les pronoms suivants :
      Singulier Pluriel
      Inclusif Exclusif
      1ère personne len : moi lusos : nous lusen : nous
      2ème personne lam : toi lusam : vous
      Il faut remarquer que le langage cérémoniel différencie personnes inclusives et exclusives à la 1ère personne du pluriel.

    3. les pronoms spatiaux et temporels (miguko|zemelugen zunla opa dabolna).

       Ces pronoms sont propres au Moten. On peut les traduire en français par certains adverbes mais uniquement dans certains cas. Ils sont liés à la valeur spatiale et temporelle des cas et il y a trois degrés d'éloignement qui correspondent à ceux des pronoms-adjectifs démonstratifs. Ils se fléchissent à l'indéterminé singulier, ou pluriel avec un sens d'approximation.
      Pronoms spatiaux Pronoms temporels
      Proche e : ce lieu-ci, ici et : ce moment-ci, maintenant
      Moyen a : ce lieu-là, là at : ce moment-là, alors
      Eloigné o : ce lieu là-bas, là-bas ot : ce moment là-bas, à cette époque-là
      Leur génitif complétant un substantif peut leur donner un rôle d'adjectif démonstratif avec un sens exclusivement spatial ou temporel.

    4. les pronoms et l'adjectif interrogatifs (miguko|zemelugen fi|zon).

       Ils se fléchissent à l'indéterminé singulier et ce sont leurs différentes formes qui donnent les mots interrogatifs. Il y a un pronom pour les personnes, un pronom pour les choses et un adjectif (ce n'est qu'un nom, il peut s'employer aussi en pronom).

      • pronoms :
        • mik : qui ?
        • mut : que, quoi ?
      • adjectif : mun :
        • pronom : lequel (d'entre eux) ?
        • adjectif : quel ?

      Ils permettent de former tous les mots interrogatifs.

    5. les indéfinis (miguko|zemelugen us-popuna).

       Les indéfinis se forment à l'aide de préfixes (mo|zajvula) ajoutés aux pronoms et à l'adjectif interrogatifs. C'est préfixes sont :

      • ta- : quelque.
      • nu- : chaque.
      • me- : aucun.
      • |le- : n'importe.
      • se- : je ne sais.

       :Voici un tableau des différents pronoms formés :
      Mik Mut Mun
      Pronom Adjectif
      Ta- tamik : quelqu'un tamut : quelque chose tamun : quelqu'un (parmi eux) tamun : quelque
      Nu- numik : chacun numut : tout numun : chacun (parmi eux) numun : chaque
      Me- memik : personne memut : rien memun : aucun d'entre eux memun : aucun
      |Le- |lemik : n'importe qui |lemut : n'importe quoi |lemun : n'importe lequel d'entre eux |lemun : n'importe quel
      Se- semik : je ne sais qui semut : je ne sais quoi semun : je ne sais lequel d'entre eux semun : je ne sais quel

       J'ai l'habitude d'employer ces préfixes avec les pronoms spatiaux et temporels, mais les formes que j'obtiens me paraissent être plutôt du domaine du langage familier. Je donne quand même un tableau de ces formes car il y a des modifications phonétiques non régulières (signe souvent distinctif du langage familier).
      E A O Et At Ot
      Ta- te, tej ou taje ta, taj ou taja to, toj ou tajo tet ou tajet tat ou tajat tot ou tajot
      Nu- ne ou nej na ou naj no ou noj net nat not
      Me- me, mej ou meje ma, maj ou meja mo, moj ou mejo met ou mejet mat ou mejat mot ou mejot
      |Le- |le |la |lo |let |lat |lot
      Se- se, sej ou seje sa, saj ou seja so, soj ou sejo set ou sejet sat ou sejat sot ou sejot
      J'utilise ces mots pour rendre des idées comme "partout", "quelque part", "quelques temps", mais avec une précision différente.
      Dans un registre de langue moins familier, j'emploierais plutôt les pronoms spatiaux et temporels avec les adjectifs en -mun.

  4. Les nombres (miguko|zemelugen bivo).

     Comme en français, les nombres peuvent être cardinaux (bivo) ou ordinaux (izol). Cependant, les nombres ordinaux sont d'un emploi assez particulier différent du français. Ils se fléchissent tous, à l'indéterminé singulier pour les cardianux et à l'indéterminé singulier ou pluriel (avec un sens déterminé) pour les ordinaux. Ce sont des pronoms-adjectifs.

    1. les nombres cardinaux (bivo miguko|zemelugen bivo).

       Ils s'emploient comme en français et ont le même sens. Ils ont tout de même un emploi assez particulier avec les compteurs. Comme leur système est à base 10, j'emploie les chiffres arabes pour les noter.
      Nombre Moten Nombre Moten Nombre Moten
      0 memun* 40 tolgeni 1.000 sen
      1 su 50 velgeni 1.001 sensu
      2 eg 60 |simgeni 1.007 senege
      3 ima 70 negegeni 1.010 sengeni
      4 tol 80 uzageni 1.020 senegeni
      5 veld 90 e|negeni 1.070 senegegeni
      6 |sim 100 japu 1.100 se|napu
      7 nege 101 japusu 1.200 senegapu
      8 uzab 102 japeg 1.700 senegejapu
      9 e|nek 103 japima 2.000 egzen
      10 geni 108 japuzab 3.000 imasen
      11 gesu 109 jape|nek 4.000 tolsen
      12 geg 110 japugeni 5.000 velzen
      13 gema 120 japegeni 6.000 |simsen
      14 getol 130 japimageni 7.000 negesen
      15 geveld 200 egapu 8.000 uzazen
      16 ge|sim 300 imajapu 9.000 e|neksen
      17 genege 400 to|lapu 10.000 genisen
      18 gezab 500 veldapu 11.000 gesusen
      19 ge|nek 600 |simapu 100.000 japusen
      20 egeni 700 negejapu 1.000.000 sensen
      21 egesu 800 uzabapu 1.000.000.000 sensensen
      30 imageni 900 e|nekapu
      * Je ne connais pas de terme spécifique pour "zéro". J'emploie donc 'memun' 'aucun (d'entre eux)'.

    2. les nombres ordinaux (izol miguko|zemelugen bivo).

       Les nomres ordinaux ont un fonctionnement spécial en Moten. Ils servent bien entendu à ranger des objets dans une liste, mais peuvent avoir n'importe quelle origine (le premier terme de la liste, mais aussi le dernier ou même celui du milieu) et n'importe quel sens de comptage (croissant ou décroissant). La façon de former ces différentes possibilités est présentée plus loin. Pour l'instant, voyons les termes de base qui forment ces ordinaux (pour les termes en -ano, la traduction donnée est celle qui correspond à un comptage à partir du premier élément, dans le sens croissant -le comptage français, quoi-).
      Nombre Moten Moten Nombre Nombre Moten
      premier |zaja 9ème e|nekano 110ème japuge|nano
      2ème egano 10ème ge|nano 200ème egapano
      3ème imano 11ème gesano 1.000ème senano
      4ème tolano 12ème gegano 1.001ème sensano
      5ème veldano 20ème ege|nano 2.000ème egzenano
      6ème |simano 30ème image|nano 1.000.000ème sensenano
      7ème negano 100ème japano centre* difoja
      8ème uzano 101ème japusano dernier kuna
      * Quand la liste contient un nombre pair d'éléments, il y a deux éléments "centraux". Le premier est alors désigné par '|zajdifoja' et le suivant par 'kundifoja'.

       Il n'y a que trois véritables ordinaux : '|zaja', 'difoja' (et ses combinaisons) et 'kuna'. Ils peuvent s'employer seuls et ont alors le méme sens qu'en français. Pour les autres, il faut définir l'origine et le sens de comptage.

      1. l'origine.

         L'origine désigne l'élément de la liste à partir duquel on compte. Celui-ci peut être le premier ou le dernier, mais aussi le 74ème ou le 1024ème. Le Moten permet ce genre d'origine. L'origine est le premier terme de l'ordinal complet et peut être :

        • '|zaja' : le premier élément est l'origine.
        • 'kuna' : le dernier élément est l'origine.
        • 'difoja' (ou ses combinaisons) : l'élément central est l'origine.
        • un cardinal : l'élément nx est l'origine.

      2. le sens de comptage.

         L'origine n'est pas suffisante pour un ordinal. Il faut encore indiquer si on compte les éléments dans le sens croissant ou décroissant. Le sens est donc le second terme de l'ordinal et est obligatoire, sauf si l'origine est '|zaja' ou 'kuna', auquel cas le sens de comptage est évident. On utilise :

        • '|zaj' pour un comptage à rebours (vers le "premier").
        • 'kun' pour un comptage normal (vers le "dernier").

      3. ordinal complet.

         Un ordinal complet est donc formé de trois termes juxtaposés dans cet ordre :

        • l'origine.
        • le sens de comptage.
        • l'ordinal.

         En voici quelques exemples :

        • kuna egano : le deuxième à partir du dernier (à rebours), l'avant-dernier.
        • |zaja veldano : le cinquième à partir du premier, le cinquième.
        • difoja |zaj imano : le troisième à partir du milieu à rebours.
        • sen kun ge|nano : le dixième à partir du millième élément, le 1010ème (j'emploierais plutôt cette expression que l'expression '|zaj senge|nano' qui lui est synonyme).

         Il est possible d'abrévier ces termes en utilisant les chiffres arabes. Cela donne pour les exemples au dessus :

        • k.2a
        • |z.5a
        • d.|z.3a
        • 1000.k.10a (synonyme |z.1010a)

        '|Zajdifoja' et 'kundifoja' s'abrègent en '|zd.' et 'kd.'. On utilise des abréviations spéciales pour les termes employés en sens absolu :

        • |zaja : |za
        • kuna : ka
        • difoja : da
        • |zajdifoja : |zda
        • kundifoja : kda

    3. les opérations mathématiques (neg matematikos).

       Les opérations les plus simples sont :

      • l'addition (opa-neg) : 5 + 3 = 8 : veld opa ima uzab ito.
      • la soustraction (go-neg) : 10 - 4 = 6 : tol gogeni |sim ito.
      • la multiplication (vi-neg) : 2 x 7 = 14 : vegi nege getol ito.
      • la division (tulneg) : 18 / 2 = 9 : gezab egdul e|nek ito.

       A l'écrit, on sépare la partie entière des décimales par une virgule. A l'oral, on dit les décimales chiffre par chiffre.

      Exemple : 31,627 : imagesu |sim eg nege.

       :On forme de la même façon la division et les fractions (tulbivo).

      Exemple : su toltul : un divisé par quatre ou un quart.

  5. Les degrés de comparaison (o|zemelugve|n izol).

     Je les appelle "degrés du substantif" car ils s'appliquent en fait à tous les substantifs dont le sens le permet, et suivant l'emploi du substantif, ils ont le sens d'adverbes de quantité ou de degrés de comparaison. Ces degrés sont donnés par des affixes (cliquez sur eux pour obtenir les mutations phonétiques correspondantes).


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