Mes hobbies

 Comme tout le monde, j'ai des hobbies. Mais comme je ne suis pas comme tout le monde, certains pourront paraître étranges, comme mon goût pour les langues. Enfin, je ne suis pas un extra-terrestre, donc ce qui m'intéresse devrait intéresser d'autres personnes que moi (en fait, je connais de telles personnes).


Le sport :

 Je ne prétendrai jamais être un sportif émérite. Néanmoins, j'aime bien me défouler, et j'ai toujours fait du sport (du moins jusqu'à ce que je m'installe à Paris).

 J'ai commencé par 5 ans de Basket-ball, de 10 à 15 ans. C'est un des rares sports collectifs que j'apprécie. Je ne vous ferai pas l'affront de vous en expliquer les règles, je pense qu'avec toute la publicité qui tourne autour de ce sport, tout le monde a au moins une idée de la façon d'y jouer. Il est cependant bon de savoir que c'est un sport très rapide : Il n'y a pas un moment de répit durant les quatre quart-temps de 10 minutes chacun, le terrain n'est pas très grand... Tout cela favorise les gens les plus rapides. Bien entendu, il faut aussi être plutôt grand, histoire d'atteindre plus facilement le panier. C'est certainement pour cela que mon équipe n'a jamais dépassé le niveau départemental : j'étais le plus grand, et pourtant à cette époque j'ai mesuré au maximum 1m78 ! Autre chose : c'est un sport très bon pour le coeur... si on n'est pas fragile de là ! En effet, c'est un sport qui alterne rapidement les phases de course où il faut être le plus rapide possible et les phases où les joueurs sont quasiment immobiles et se passent le ballon. Tout ça met le coeur à rude épreuve, mais ça l'entraîne.

 J'ai arrêté ce sport quand j'en ai découvert un autre : l'Athlétisme, certainement le sport le plus vieux du monde (il semble partager ce titre avec ce "sport" bien moins réjouissant qu'est la guerre). C'est certainement le sport le plus complet (si on ne se limite pas à une seule spécialité) et celui qui possède certaines des spécialités les plus spectaculaires (je pense par exemple au saut à la perche). Certains diront que c'est un sport très individuel, où c'est soi-même contre tous les autres, et préféreront les sports d'équipe. C'est leur opinion, mais elle est fondée sur une mauvaise analyse. Individuel ne veut pas dire individualiste, et j'ai plus eu l'impression de faire partie d'une véritable équipe durant mes 6 années d'athlétisme que durant mes 5 années de basket-ball. Tout dépend de l'ambiance du club. Même les professionnels vous le diront : en athlétisme, si l'on travaille pour soi, on travaille aussi avec les autres, et les équipes d'athlétisme sont généralement très soudées, avec une ambiance très bon enfant. De plus, il existe des compétitions qu'on appelle "Interclubs" (qui servent à donner le niveau de chaque club) dans lesquelles chacun joue non pour soi mais pour son équipe. Ce sont les compétitions les plus appréciées par la plupart des athlètes. Mes spécialités étaient le 400m (la plus longue course qui ne soit pas de fond) et le triple saut (le plus technique après la perche). Dans ces deux spécialités, j'avais un niveau régional, ce qui est pas mal pour quelqu'un qui fait ça en loisir.

 J'ai malheureusement dû arrêter ce sport quand j'ai dû m'installer à Paris (l'atmosphère parisienne n'est pas ce qu'il y a de plus sain pour un athlète). A Paris, j'ai essayé le Ju-Jitsu, un art martial d'origine japonaise. J'ai malheureusement dû arrêter au bout de deux mois, faute de temps et de moyens (car comme tous les arts martiaux, ce n'est pas donné de s'inscrire dans une école). Cependant, je recommencerai dès que je pourrai, car cet art martial m'intéresse particulièrement. Pour donner une idée de ce que c'est, je dirais que le Ju-Jitsu est un art martial de défense, pratiqué en chaussures sur sol dur. Qu'est-ce que cela veut dire ?

 Aujourd'hui, je vis à La Haye (Pays-Bas) dans une atmosphère beaucoup plus propice à la pratique du sport que Paris. Je n'ai pas encore pu commencer sérieusement un nouveau sport, mais je promets de m'y mettre aussi tôt que possible. Attendez-vous donc à voir de nouvelles descriptions de sports un de ces jours !


Les langues :

 Je vois d'ici mes lecteurs froncer les sourcils : les langues, un hobby ? Et pourquoi pas ? Le langage est un domaine très intéressant. Ce qui m'intéresse dans le langage, c'est la multitude de moyens différents qu'ont crées les hommes de manière à pouvoir communiquer. Pour un même message, il existe plusieurs milliers de façon de le dire (on recense environ 5000 langues différentes), et ces façons peuvent être extrêmement différentes les unes des autres. Les langues sont si différentes les unes des autres ? me demanderez-vous. Evidemment, il y a des points communs, ce qu'on appelle en linguistique des universaux. Par exemple, il est universellement possible de traduire. De plus, tout le monde a un cerveau qui marche à peu près de la même façon. A part ça, on ne trouve que des différences. Demandez à n'importe quel traducteur ou interprète (un métier que j'admire beaucoup car il est extrêmement difficile), ils vous diront que la traduction et un art très difficile, même entre deux langues aussi proches que le français et l'espagnol. Alors imaginez le casse-tête de celui qui doit traduire un texte japonais en français ! Et puis étudier les langues, c'est toucher d'une certaine façon au fonctionnement de l'esprit. En effet, quand vous réfléchissez, c'est bien dans votre langue. Pensez-y bien, et vous vous rendrez compte que vous pensez dans votre langue (et quand je dis "pensez", je parle de raisonnement, pas seulement de se faire apparaître des images dans votre tête). De plus, chaque langue véhicule une culture différente de la nôtre (même des cultures aussi proches que celles des pays européens peuvent réserver des surprises. Croyez-moi, je parle d'expérience). Tout cela fait qu'étudier les langues, même en loisir, c'est faire le tour du monde sans bouger de chez soi. N'est-ce pas passionnant de faire le tour du monde ?

 Enfin, et ceci n'est pas des moindres, une langue peut être considérée d'un point de vue artistique : est-elle jolie à l'oreille ? Comment est son écriture (la calligraphie est un art très important dans les pays de langue arabe -les fameuses arabesques- et dans les pays d'Asie -leur écriture idéographique s'y prête bien-) ? Bien entendu, il faut essayer d'éviter de tomber dans le piège de ce que j'appelerais le "linguicentrisme", c'est-à-dire penser que tout se qui ressemble à sa langue natale est beau, et tout le reste est laid. Mais une fois que ce piège a été évité, il devient possible de penser à une langue comme on pense à un tableau ou à une musique, bref à une oeuvre d'art. Il peut alors venir l'idée pas si saugrenue que ça de faire sa propre oeuvre d'art, et donc de créer une langue nouvelle, une langue construite. D'autres l'ont fait avant vous, et certaines langues construites ont eu beaucoup de succès, comme l'Espéranto, ou les langues elfiques du Seigneur des Anneaux de J.R.R. Tolkien.


Le théâtre :

 Je suis un amateur de théâtre. Pas dans le sens où j'aime aller voir des pièces de théâtre (j'aime bien, mais les entrées coûtent beaucoup trop cher pour mon budget), mais dans le sens où j'aime bien jouer au théâtre. En tant qu'amateur, j'ai joué dans Les Nègres de Jean Genet. Pour ceux qui connaissent, je jouais le rôle de Village. Pour ceux qui ne connaissent pas, cette pièce difficile à résumer (mais existe-t-il des pièces faciles à résumer ?) est la représentation d'une cérémonie jouée par des Noirs pour une cour royale blanche. Cette cérémonie est sauvage malgré les costumes de soirée des Noirs, c'est le sacrifice d'une Blanche, sacrifice fait avant le début de la pièce mais rejoué sur scène, à côté du cadavre caché dans un catafalque. Mais alors, pourquoi les Blancs ont-ils un masque blanc entouré d'une large bande noire et des cheveux noirs et crépés ? Et pourquoi ces allusions à un procès et à une mise à mort qui se déroulerait dans la coulisse ? Et pourquoi le public est-il pris à parti ?
 Si cette pièce est jouée pas loin de chez vous, je vous la conseille, on n'y reste pas indifférent. Et si vous ne pouvez pas la voir, au moins essayez de la lire.

 L'année suivante, je suis passé de l'autre côté du décor : j'ai mis en scène Antigone, de Jean Anouilh, une version modernisée de la légende de la fille d'OEdipe, le récit du sacrifice d'une fille qui ne pouvait pas devenir femme. Mettre en scène cette pièce m'a encore plus plu que jouer moi-même, et la pièce a eu un franc succès, ce qui n'a pas été non plus pour me déplaire. Toujours est-il que c'est une expérience que j'ai l'intention de renouveler. Mais comme j'habite maintenant aux Pays-Bas, il va d'abord me falloir maîtriser la langue avant de pouvoir commencer un tel projet.


Le jeu de rôle :

 Non, n'ayez pas peur ! Je ne suis pas du genre à tuer mon voisin à coups de hâche parce qu'il ressemble à un gobelin de Donjons et Dragons, où à me suicider parce que mon personnage est mort. J'adore le jeu de rôle, et je profite d'avoir un espace de parole pour casser le cou à ces idées préconçues : non, le jeu de rôle n'est pas dangereux ! Non, le jeu de rôle ne rend pas fou ! Le jeu de rôle fait appel à l'imagination, au sens de la stratégie et de la tactique et à un esprit de fin limier digne d'un détective privé. Les jeux du style de Donjons et Dragons ne forment pas la majorité des jeux de rôle. Ce sont les plus simples, et les plus simplistes, et c'est pourquoi ils ont tant d'adeptes. Et puis il faut admettre que ce sont de très bons défouloirs. Seuls les esprits déjà fragiles risquent quelque chose avec les jeux de rôles. Et si un jeune homme s'est suicidé d'une façon qui rappelle un jeu de rôle, au lieu de blâmer ce dernier et de demander son interdiction, il faut se dire qu'une personne assez fragile pour se suicider l'aurait fait de toute façon, jeu de rôle ou pas. Si le jeu de rôle a pu influencer cette personne, c'est uniquement sur la façon de se suicider, pas sur l'acte lui-même. Tout comme les jeux vidéos ne rendent pas épileptiques, les jeux de rôle ne rendent pas suicidaires. Et pour ceux qui pensent que les jeux de rôles sont des apologies de la violence, qu'ils sachent que mon jeu de rôle préféré, Mega III, condamne la violence, et que celle-ci fait perdre des points plutôt qu'en gagner.

 Maintenant que les points ont été mis sur les i, nous pouvons passer à une explication de ce qu'est un jeu de rôle. Il est en fait plus facile d'y jouer que d'expliquer le fonctionnement de ce type de jeux. Pour cela, je vais plutôt citer l'introduction du dernier chapitre du hors-série n5 de Casus Belli consacré au jeu de rôle Mega III. Ce chapitre explique ce qu'est le jeu de rôle :

" Première curiosité : il se déroule surtout verbalement. On peut jouer une longue période de la partie sans faire autre chose que dialoguer.
 Deuxième curiosité : les joueurs ne sont pas opposés les uns aux autres. Il n'y a pas de "vainqueur", qui gagnerait au détriment des "perdants". Les joueurs sont tous tournés vers le même but, celui que leur a donné le meneur de jeu en début de partie.
 En cela, on pourrait le comparer à un jeu d'énigme, comme on aime à en résoudre : " M.Durand est en train de travailler, quand il fait un accroc à son pantalon et meurt. Pourquoi ? " (1). Ceux qui cherchent posent des questions à celui qui a posé l'énigme, qui doit leur répondre. Il y a un peu de ça, mais dans le jeu de rôle, on va beaucoup plus loin. Le meneur de jeu ne pose pas une énigme : il propose un mystère comme ceux qu'aimaient résoudre Sherlock Holmes ou Hercule Poirot, il propose un plongeon dans l'aventure comme en vivent James Bond ou Idiana Jones. Avec dans le rôle de Hercule Poirot ou de James Bond les joueurs eux-mêmes.
 Car dans jeu de rôle, il y a rôle.
 Loin de résoudre le mystère en tant que joueurs assis confortablement et posant leurs questions au meneur de jeu, les participants vont, le temps de la partie, s'imaginer qu'ils sont les enquêteurs, en chair et en os. Ils vont jouer un personnage, et si ce personnage veut obtenir une information, il faudra qu'il aille la chercher là où il peut espérer la trouver, et qu'il accomplisse les actions qu'il faudrait à un réel enquêteur pour obtenir la même réelle information.
 Bien sûr, les joueurs ne vont pas aller au siège du journal local fouiller dans les archives. Comme vous l'avez vu au début, tout se passe par dialogue et... dans la tête des joueurs, qui imaginent au fur et à mesure ce que voit et fait leur personnage, comme s'ils voyaient par ses yeux et entendait par ses oreilles.
 En cela, on pourrait maintenant comparer le jeu de rôle à ces anciennes veillées où le conteur venait narrer d'envoûtantes (sic) histoires. Mais ici, les auditeurs ne sont plus passifs : ils sont chacun un personnage de l'histoire. Or s'ils admettent que le conteur leur décrive les lieux qu'ils traversent, ou ce que font et disent les gens qu'ils rencontrent, ce sont eux, les auditeurs-acteurs, qui racontent ce que fait et dit leur personnage !
 Et comme ils ne doivent pas pouvoir prétendre que ce personnage est capable de faire n'importe quoi, on a inventé les règles...
 Nous avons donc un meneur de jeu, des joueurs, une aventure à jouer, des règles, quelques dés pour résoudre certaines règles. Bref, nous avons un jeu de rôle.

(1) Ce pauvre M.Durand meurt parce qu'il est scaphandrier, et que par cet accroc entre l'eau qui va le noyer ! Le scaphandrier étant devenu chose rare, on peut aussi dire qu'il est astronaute. "

 Je rajouterai que le meneur de jeu (qu'on appelle souvent MJ) n'est ni pour ni contre les joueurs. Il est le dépositaire du scénario, le seul à connaître les personnages que rencontreront les joueurs, les pièges et indices de l'histoire, ses grandes lignes et son dénouement normal. Le rôle du MJ est d'improviser les conséquences des actes des personnages, en restant dans la logique du monde et de l'histoire où ils se trouvent. Si les personnages perdent leur temps en futilités, tant pis pour eux. Le MJ n'a pas à les prévenir qu'ils sont sur une fausse piste (sauf si vraiment ils marchent à reculons !). Si au contraire les joueurs sont doués, tant mieux pour eux. Le MJ n'a pas à ajouter des pièges insurmontables rien que pour le plaisir de les voir perdre. Il doit rester neutre.

 Si vous aimez raconter ou entendre des histoires, si vous aimez vous mettre dans la peau de personnages de fictions, si vous aimez le théâtre, vous aimerez le jeu de rôle.


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